Prenez vous les bonnes décisions pendant la crise ? avec Bernard Anselem, neurospsychologue

Ce commandant de pompier qui était sur une scène de feu et à un moment donné, il a senti qu’il y avait un truc qui n’était pas comme d’habitude. Donc, il a fait évacuer tous ces pompiers de la scène de feu et quelques minutes après, ma maison a explosé. Incroyable! Il a sauvé la vie de ces gens, mais il ne savait pas pourquoi.

Si vous avez du mal aujourd’hui à prendre les bonnes décisions, parce que la crise économique s’installe et que votre niveau de stress augmente, alors l’épisode d’aujourd’hui va vous convenir à merveille. J’accueille aujourd’hui Bernard Anselem. Bernard Anselem est médecin neuropsychologue. Il est conférencier. Il est spécialisé dans la motivation intrinsèque, dans l’intelligence émotionnelle et également dans les prises de décision. C’est le sujet qui nous intéresse aujourd’hui. Il est auteur de trois ouvrages “Je rumine, Tu rumines, nous ruminons” ainsi que “Ces émotions qui nous dirigent” pour lequel nous avions déjà fait une interview.

“Comment surmonter son stress ?” et également le livre qui nous intéresse aujourd’hui? “Les talents cachés de votre cerveau au travail.”

Alors? C’est parti pour l’interview qui a été organisée en visio. Etant donné les conditions de la crise sanitaire.

Bernard Anselem. Bernard bonjour. Merci beaucoup pour cette interview. Cette nouvelle  interview bonjour.

Marie Je voudrais juste préciser que le dernier ouvrage est coécrit avec Emmanuelle Joseph-Dailly Bernard pour nos entrepreneurs qui aujourd’hui se retrouvent dans une situation délicate après le confinement, déconfinement, qu’il y a une crise économique qui s’installe petit à petit donc ils sont en situation de stress, qui augmente l’incertitude , ils ont des décisions à prendre. Est ce que tu peux, s’il te plaît, nous parler? D’abord du processus de décision. Qu’est ce que c’est une bonne décision? Et quel est le processus de décision?

Avant de détailler les étapes dans lesquelles on doit suivre pour prendre ces bonnes décisions, donc le processus de décision est le processus le plus abouti du cerveau, c’est à dire qu’il fait appel à toutes les compétences cérébrales, que ce soit des compétences de perception, de sens, de mémoire, de raisonnement. Tous ces mécanismes sont recrutés pour la décision qui est probablement une des fonctions les plus élevées de l’activité cérébrale. Alors, pour prendre une décision, nous avons une grande part d’automatismes, de choses qui se font complètement à notre insu quand nous prenons une décision sur une intuition.

Tout se passe de façon automatique et de temps en temps, nous avons besoin de prendre une décision plus réfléchie. Donc là, nous allons faire appel à notre mémoire. Nous allons réfléchir, progresser pas à pas. Nous allons nous concentrer, nous allons faire un effort et donc là, c’est un autre processus. En fait, il y a deux grands processus schématiquement décrits par le prix Nobel Daniel Kahneman.

Il y a deux grands processus de décision les décisions automatiques.Qu’il a appelé le système 1. Celle que nous prenons dans la vie de tous les jours et les décisions plus réfléchies, plus rationnelles. Il a appelé le système 2 et que nous utilisons dans des cas bien précis. Quand nous avons une situation complexe, quand nous sommes confrontés à une situation complexe, quand il y a de l’incertitude. Quand nous sommes en situation d’apprendre, chaque fois que nous avons besoin de faire appel à notre conscience.

Là, nous sommes dans un deuxième type de raisonnement. Donc, il y aurait en fait l’utilisation de l’intuition, des émotions, davantage dans une situation à court cycle, dans un cycle court de décision et de quotidien. C’est ce que tu dis et la conscience davantage dans un dans un circuit plus complexe, de décisions plus complexes, la prise de décision automatique ou qu’on peut appeler intuitive fait appel à des processus qui sont non conscients, qui sont en dehors de notre attention.

Et c’est le processus qu’on utilise par défaut dans la vie de tous les jours. Notre cerveau vient du monde animal et donc les animaux utilisent ce processus en permanence. Quand on fait des courses et qu’on choisit un produit plutôt qu’un autre, par exemple quand on discute avec une personne, quand on est dans des situations bien connues, on se laisse aller en pilote automatique. À chaque fois, on prend des décisions. Ce sont des décisions intuitives, automatiques. Et puis, de temps en temps, il y a besoin de passer en mode analytique et rationnelle.

Pourtant, Bernard, tu cites dans le livre qui est là, tu dis :”Prenons un exemple de décision qui semble complètement rationnelle. Un choix économique entre deux valeurs boursières.” Aujourd’hui, c’est d’actualité parce que la Bourse a une bifurcation un petit peu inattendue . Quoi de plus froid et rationnelle, qu’une comparaison de données chiffrées, décidée à partir de données mathématiques et a priori éloignées du monde impalpable des émotions humaines. Pourtant, l’étude du cerveau pendant l’exercice d’une telle décision montre que les régions impliquées dans les émotions sont au moins aussi actives que celles liées à l’analyse rationnelle.

Comment tu expliques cela Bernard ? Donc dans toutes décisions, y compris les plus rationnelles, y compris les plus mathématiques. Lorsque nous décidons, nous faisons intervenir nos réseaux émotionnels. Pourquoi? Tout simplement parce que lorsque nous faisons un choix entre deux alternatives, eh bien, il y en a une que nous préférons, une autre que nous aimons moins. Et à partir du moment où nous aimons plus un choix plutôt qu’un autre. Les émotions interviennent, les émotions sont là pour évaluer le réel, pour évaluer les informations et donc les émotions.

Vont nous dire, ça j’aime ou ça, je n’aime pas ou ça, j’aime beaucoup, j’aime un peu moins. Et donc, dans n’importe quel choix, nous aurons une part émotionnelle, même dans un choix rationnel.

Est-ce que ce sont les raccourcis dont tu parles dans le livre dont parle Daniel Kahneman sur le fait que par rapport à toutes les informations et les connaissances qu’on enregistre et qui forme notre préférence émotionnelle, est-ce que c’est ça dont tu parles ? quand on est dans un choix rationnel.

On est plus dans ces processus automatiques. On est dans un processus qui est système 2, où on va réfléchir pas à pas, mais lorsqu’on est dans nos choix intuitifs, c’est à dire les choix de tous les jours dans ces choix intuitifs. Effectivement, c’est un processus qui est complètement inconscient et donc il est très sensible aux émotions. À partir du moment où on bascule dans le système 2, c’est à dire en analyse, on prend le temps, on réfléchit, on se concentre et bien là, on va être un petit peu moins sensible aux émotions.

Mais les émotions sont toujours là, y compris dans un choix financier.

Donc, Bernard, si les émotions interviennent également dans une décision plus complexe, on a vu là par rapport à l’analyse boursière. Comment faire pour garder quand même le cap et ne pas être trop influencé négativement par ses émotions, par les fameux biais cognitifs dont on parle tant, dont on connaît le bien être de la négativité? Parce qu’on a tendance à véritablement, penser d’abord au négatif pour la survie. Quelles sont les autres biais cognitifs? Quelles sont les autres tendances qu’on peut avoir auxquelles

Il faut faire attention ? Donc, quand on est sous l’influence de ses émotions ou de ses intuitions en général, une façon plus générale, de son intuition, on va avoir tendance à utiliser des automatismes. Et ces automatismes peuvent le plus souvent être efficaces puisqu’ils sont adaptés à notre situation. Ils se sont créés petit à petit dans notre cerveau en grandissant et ils sont le plus souvent efficaces. Mais de temps en temps, ces automatismes vont nous égarer, vont nous mener en erreur et donc là, on va parler de biais cognitifs ou de distorsion cognitive.

Donc là, ce sont des erreurs répétitives à la suite d’une mauvaise cognition, c’est à dire soit d’une mauvaise perception, soit d’un mauvais traitement de l’information. Donc,

Il y a entre 150 et 180 biais cognitifs qui ont été répertoriées de façon scientifique. Donc pas tous les énumérer, bien sûr. Et donc là, par exemple, pour faire référence à cette situation de crise économique. On aura donc le biais de négativité qui fait qu’on accorde plus d’attention et plus de poids aux informations négatives que d’informations positives, malgré nous.C’est un biais complètement implicite à notre insu. Il y aura le biais par exemple d’aversion à la perte, c’est à dire que par rapport à la situation antérieure, on voit très bien ce qu’on perd, mais par contre, on a du mal à apprécier les éléments que l’on va pouvoir développer dans cette nouvelle situation de crise.

Et puis, on va avoir le biais de statu quo aussi, puisque là, on va avoir une préférence pour la situation que l’on connaît par rapport à la situation incertaine qui nous attend. Et puis, on  peut rajouter un autre biais qui est par exemple l’effet Ikea qui est le fait qu’on a effet quoi ? Est-ce que tu peux répéter ? L’effet Ikea. Oui, puisque l’on va être ce que l’on a fait soi même , ce que l’on a créé.

Soi même va avoir plus de valeur que ce qu’on nous impose de l’extérieur. Dans une crise, on nous impose quelque chose de l’extérieur. On en avait réussi à développer tout un environnement tout un écosystème. Et là tout chamboulé par cette crise. On pourrait citer d’autres, mais il y a plein de biais cognitifs qui vont altérer notre vision des choses et donc altérer à partir du moment où on ait une vision déformée. On ne va pas prendre les bonnes décisions.

Et donc, du coup, pour autant, toujours pour reprendre cette situation boursière, si on aboutit. Grâce à cette influence émotionnelle, quand même à des bons résultats. C’est quand même quelque part, il y a quand même des sacrés avantages donc comment ça se passe? Qu’est ce qui fait que ces émotions sont à un moment donné, comment dire ? Donne des résultats bénéfiques ? En fait, les émotions ont un double visage.

Par exemple, si on est sous l’emprise de la peur et quand on doit prendre une décision financière, on va s’abstenir de la prendre et ça peut être en faire une erreur. Justement, on aura, on va avoir trop les inconvénients. Donc là, c’est un côté négatif si on est sous l’emprise de la colère ou l’irritation. Là, au contraire, on va être trop sûr de soi. On va prendre des décisions qu’on va regretter plus tard. Donc là, c’est le côté négatif.

Mais il y a un côté positif aussi des émotions. C’est que les émotions nous informent sur nos besoins intérieurs, nos besoins profonds de notre organisme. Donc elle nous donne de bonnes informations aussi et donc elle peut nous aider. Notamment, Damasio a mis en évidence en situation complexe quand les informations sont trop complexes pour qu’on les traite de façon analytique et rationnelle. Dans certains cas, si on a des signaux émotionnels qui nous disent attention, cette situation est dangereuse, il vaut mieux que je me retire de telle situation.

Si on écoute ces informations, on pourra être meilleur que des gens qui essayent de rationaliser, ,de trop analyser la situation.

Donc là, Damasio, a très bien montré, ça Antonio Damasio qui est un neuropsychologue espagnol je crois. Non?

Il est d’origine portugaise, mais il est américain et donc Damasio a très bien montré ça qu’on pouvait créer de la valeur financière simplement en écoutant ses émotions. Dans certains cas bien particuliers, bien entendu. Et donc, par exemple, on pourrait donner l’exemple de ce commandant de pompiers cité par Gary Klein, notre expert de la prise de décision et de l’intuition.

Donc, c’est une parfaite analogie pour le chef d’entreprise, justement, qui doit être justement dans la crise économique parce qu’on parle de la finance. Mais c’est aussi, des choix par rapport au fait de recruter un partenaire de choix.

Ça peut même être, un choix stratégique qui , peut même être des choix personnels pour une stratégie de l’entreprise, savoir ce que je vais changer de métier, etc. Donc, pour gérer son temps aussi simplement au quotidien des choix et même personnel. Donc, le fait de suivre son intuition peut, dans certains cas, nous aider. Donc, Gary Klein parlait de ce commandant de pompier qui était sur une scène de feu et à un moment donné, il a senti qu’il y avait un truc qui n’était pas comme d’habitude.

Donc il a fait évacuer tous ces pompiers de la scène de feu et quelques minutes après, la maison a explosé. Incroyable, donc, il a sauvé la vie de ces gens, mais ils ne savait pas pourquoi. Et ce n’est qu’après, avoir brainstormé, après, après avoir analysé la situation a posteriori, qu’il a compris qu’en fait, il avait perçu que le bruit de l’incendie n’était pas comme d’habitude. Donc, on n’était pas dans la situation habituelle.

Et en fait, il s’agissait d’un feu de chaudière et le feu de chaudière a un bruit différent des feux habituels et donc un feu de chaudière quand on a mis le feu à 1500 litres de mazout. Ce n’est pas du tout la même chose que les feux habituels. Il n’avait pas analysé ça sur le moment. Par contre, il avait perçu, ses tripes avait donné quand je dis ses tripes C’est une image, bien entendu. Mais c’est justement là, justement, où il avait senti qu’il y avait quelque chose qui n’était pas normal et qu’il avait pris la bonne décision au bon moment grâce à ses émotions.

Donc, en fait, c’est ce que tu dis dans le livre, justement, c’est à dire que nos instincts, dans une autre intuition qui a dans notre inconscient puisque 90% de nos pensées ne sont pas conscientes, c’est en fait l’accumulation de toutes les connaissances qu’on a pu avoir. Dans le cas de ce commandant, il avait enregistré.

L’intuition. En fait, c’est donc un signal qui va être mis, qui va déclencher des éléments qu’on a en mémoire. Et donc, ces éléments vont activer la réponse intuitive. Et donc ça, c’est Herbert Simon qui est un autre prix Nobel que Kahneman et ça a été confirmé sur le plan neurologique. Donc, en fait, on va avoir accès à un élément de la mémoire donc en fait, l’intuition.

C’est quelque chose qui parle à notre mémoire. Donc, pour avoir une bonne intuition, il faut avoir des éléments mémoire. Et pour avoir des éléments en mémoire il faut avoir de l’expérience, il faut de la formation, il faut avoir accès à des informations il faut avoir des expériences.

Donc, en fait, c’est ce que tu dis dans le livre, c’est à dire c’est un raccourci ou Daniel Kahneman.

Peut être que c’est Kahneman qui dit ça? C’est déjà c’est un raccourci en fait, c’est un raccourci automatique qu’il appelle heuristique. C’est ça heuristique. C’est ce sont des automatismes qui fonctionnent très bien.

Dans la plupart du temps, les heuristiques se sont créées au fil de l’évolution. Pour nous aider à survivre, elles ne sont pas faites pour prendre des décisions complexes sur un tableau Excel. Elles sont faites pour survivre dans la nature.

Mais aussi, elle sont  faites aussi dans des situations stratégiques où il y a tellement de données qu’à un moment donné, au lieu d’y passer des heures et des heures. On ne sait pas pourquoi tu prends dans une conférence que tu as fait. Tu prends l’exemple, justement des cartes ? Oui, des piles de cartes c’est iowa gambling task de Damasio

Et donc, en fait, il y a tellement de données qu’on pourrait je dirai aussi les échecs. Enfin, on en vient à quelques raccourcis d’un expert, et de l’expérience. Est ce que tu peux nous expliquer un peu ce tableau qu’on voit là ? Entre les gens qui ont de l’expérience, qui sont incertains,  et l’incertitude.

Comment ça se passe ? Plusieurs travaux convergent pour nous dire que les meilleures conditions pour avoir une bonne intuition sont un, l’expérience et deux une situation connue avec beaucoup de certitude, c’est à dire des éléments qui sont déjà connus. C’est à dire que quand on est dans son élément d’expertise. On connaît la situation et donc c’est là où on va être meilleur pour prendre des bonnes décisions intuitives. A l’inverse, si on a beaucoup d’incertitudes. Ou alors si on a, si on manque d’expérience dans les deux cas, on ne prendra pas les bonnes décisions intuitives.

Donc là, il va falloir se baser sur des raisonnements Là c’est jeu de dé. Et c’est très intéressant cette notion avec ces deux axes. Parce que si on est à la fois. Expérimentés et quand on est dans une situation connue, là, on va pouvoir donner la pleine puissance de notre intuition et si on est dans l’expérience, mais dans une situation inconnue, voilà ce que c’est.

C’est là où c’est intéressant, c’est que. On a beau être un expert, si on est dans une situation complètement inconnue, on ne va pas être bon. Donc, par exemple, c’est l’exemple d’un commentateur sportif qui est expert dans un sport, mais qui ne va pas savoir à l’avance qui va gagner le match!

Il y a des pronostics. Il y a des pronostics, mais souvent, il va se tromper.

Pourtant, ce n’est pas un expert, mais il ne va pas. Pareil pour la météorologie. On a beau être expert en météorologie, on ne peut pas prévoir le temps qu’il va faire dans six mois.

A l’inverse, si on est très peu expérimenté, là aussi, on va avoir de mauvaises intuitions parce qu’on manque de base de données. On n’aura pas assez de données en mémoire pour prendre les bonnes intuitions. Donc, on va être en situation de d’apprenants et si on est en situation de d’apprenants, on est notre attention est aux aguets et là, on va passer en système 2, c’est à dire en système d’analytique, et on va prendre petit à petit.

Donc que faire pour gérer ses émotions dans cette situation là ? Comment savoir en particulier si on peut faire appel à son intuition ou pas ? Donc, on peut faire appel à son intuition quand on est en situation connue et deuxièmement, quand on est en situation d’expertise et si on est en situation d’incertitude, eh bien le mieux, c’est de passer en mode analytique en système 2. Mais ça n’est pas toujours possible parce que par moments, il peut y avoir trop d’informations, ou alors on en n’a pas les informations sous la main.

On est obligé de décider, même sans les informations. C’est ce qui se passe dans la plupart des cas. Quand on est chef d’entreprise, on est obligé de prendre des décisions. Il nous manque les informations, mais il faut aller vite. On doit prendre des décisions. Dans ce cas là, il va falloir faire appel à son expérience. Donc, du coup, entre l’expérience et l’incertitude, quand est-ce qu’on utilise son analyse ou son intuition. Ça, c’est vraiment la question fondamentale de savoir quand est ce qu’on se laisse aller à écouter son intuition ou quand est ce qu’on va réfléchir?

Chercher des informations, etc. Pour utiliser son analyse rationnelle et  donc là pour ça, il faut scinder le problème en deux. Il y a les décisions qu’on prend dans la vie de tous les jours, avec des décisions rapides et les décisions stratégiques qu’on prend pour les mois ou les années à venir. Donc là, on ne va pas être dans le même cas de figure dans les décisions qu’on prend pour la vie de tous les jours. Et il va falloir faire appel à son intelligence émotionnelle, c’est à dire être capable de réaliser dans quel état émotionnel on se trouve.

C’est à dire que si on est dans un état émotionnel de tension émotionnelle, eh bien là, on a, on risque d’être influencé de façon négative par ces émotions, par exemple une émotion de peur va nous empêcher de prendre des décisions, va nous faire prendre des attitudes ou des comportements défensifs qui ne sont pas toujours adaptés. Alors que quand on est en émotions de colère, ça va être l’inverse. On va être au contraire un peu trop sûr de soi et on va être capable de prendre des décisions sur un coup de tête que l’on va regretter par la suite.

Donc, si on est capable de ressentir cet état émotionnel par rapport aux signaux corporels, mais aussi à notre sentiment perçu cognitif, on est capable de ressentir cet état émotionnel et qu’on perçoit l’état émotionnel est important. La tension émotionnelle est importante et bien on va se méfier de nos intuitions. On va différer la prise de décision. On va passer en mode analytique, mode analytique. On va chercher de l’information, on va demander des avis à droite, à gauche, on va décaler, etc.

Par contre, si on est dans un état normal et quand on connaît la situation et qu’on a analysé la situation normalement. Donc là, on va pouvoir écouter si ces émotions là, on va pouvoir écouter son intuition.

Mais pour autant parfois, comment te dire, moi c’est d’expérience, je vois, il y a des choses, si tu veux, qui, rationnellement, seraient tout à fait dans le bon sens. Et si je sens mon corps. Mais je n’ai pas de colère et d’émotion impulsive, particulière. Mais on va dire que si j’ai un petit peu comme je suis comédienne, alors je reciterais. Si, si, j’avais à imaginer.

Tu vois j’ai tendance à rentrer dans ma coquille comme ça, alors que quand je sens vraiment  quelque chose, c’est vraiment léger. J’ai l’impression que j’ai le thorax qui va vers les gens. Du coup, en fait, quelque part là, parce que tu prends les exemples qui sont très liés à l’impulsion ou à l’analytique. Et il y a entre les deux le j’ai peur parce que parfois, la peur, ça peut être juste la survie ou ça peut être. Et parce que c’est juste l’inconnu.

Mais pour autant, il y a parfois il y a des choses qu’on a dans le corps qui peuvent nous dire mais si, il i faut y aller quand même.

Oui, c’est exactement la situation quand on évoquait tout à l’heure, c’est à dire que si on n’est pas dans une situation de tension extrême, on va écouter  ce que nous dit notre corps. Et donc là, on va se laisser guider par nos intuitions et par ce que l’on ressent.

Mais la peur, par exemple. C’est pour ça que je parlais la peur. C’est quand même une situation de tension extrême. Oui, parfois, il faut pouvoir se dire la peur, c’est juste une inconnue. Mais là, on est plus dans une situation extrême, là c’est une légère peur qui va être comme tout à l’heure, on disait que les émotions ont un double visage et donc là, c’est le métier de l’émotion, une légère peur. Et elle va nous aider alors qu’une peur panique nous empêche de bien sûr.

Et donc, dans la situation courante, si on n’est pas aussi si on n’est pas trop déséquilibré par les émotions. Ce petit frisson de peur va nous donner un signal intéressant et va nous aider à avoir une bonne intuition. Et c’est une sorte de trac qui est naturel quelque part.

Un léger trac va nous stimuler. Un trac trop  important va au contraire nous faire perdre la mémoire .

Bien sûr, c’est le premier premier cas de figure. C’est la décision de tous les jours. Donc là, on écoute ses émotions. Sauf si, effectivement, on est dans un état de tension auquel il faut se méfier de ses émotions. Et le deuxième cas de figure, ça va être les décisions stratégiques. Donc là, c’est plus l’émotion du moment qui compte. Puisqu’en général, les décisions stratégiques, quand on va réfléchir sur plusieurs journées, on ne va pas prendre la décision par l’instant.

Là, ce qui va compter. Ça va être d’une part les données qu’on va accumuler.

Bien entendu, on va accumuler un maximum de données et d’autre part,  ça va être de notre personnalité. Il faut avoir un minimum de recul sur sa personnalité.

Si  on a tendance à être sensible aux addictions. Par exemple, si on a tendance à prendre des risques, si on a tendance à dépenser son argent  sans compter. Si on est instable dans sa vie professionnelle, dans sa vie affective, tout cela sont des indicateurs. Même si elle est très sensible à ses émotions, comme quand on a du mal à résister à ses émotions, ce sont des avertisseurs qui vont dire avant de prendre une décision, il va falloir analyser un maximum.

Il va falloir s’entourer, prendre des avis, accumuler des informations, etc. Etc. C’est à dire être dans un mode analytique maximum.

A l’inverse, si on est quelqu’un de trop rationnel, qu’on a du mal à prendre une décision parce qu’on est toujours en train de décortiquer qu’on pense trop et qu’on est trop dans l’analyse, qu’on peut être tout le temps chercher des informations quand on va procrastiner pour prendre des décisions parce qu’on n’ose pas, parce qu’il y a trop de trop d’informations. On peut encore, encore et encore à aller chercher de l’information. Là, ça veut dire c’est l’excès inverse. Et donc là, il va falloir au contraire ressentir, apprendre à ressentir les messages de son corps et se connecter avec ses besoins profonds.

Ce n’est pas quelque chose d’évident je veux dire,  et il faut aller à l’encontre  de sa nature.

C’est à dire si on est trop impulsif, il va falloir apprendre à réfléchir. Et inversement, si on est trop dans l’analyse, il va falloir apprendre à lâcher prise. Et puis, bien entendu, ce sont les deux extrêmes. Mais en réalité, on est toujours un peu de l’un ou l’autre analytique le plus compliqué. Donc, c’est à nous de savoir quand on a une décision stratégique à prendre qui engage l’avenir, donc de connaître un peu sa personnalité et de choisir plutôt en fonction de sa personnalité.

Et puis, pour les décisions stratégiques, il y a d’autres d’autres choses qui sont importantes pour prendre une décision. C’est d’abord d’accumuler de l’information puisque plus on a de l’information, meilleures seront nos intuitions. Ça va être aussi d’être à l’affut des idées nouvelles, de ne pas être trop dans, même si on a l’impression de maîtriser la situation. Il faut être à l’écoute de l’extérieur et pouvoir intégrer des éléments nouveaux. Cette crise, par exemple, est complètement nouvelle et elle nous a déstabilisés.

Il va falloir sortir un petit peu de ces schémas habituels pour prendre une décision .

J’ai vu dans le livre aussi, quelque chose qui est fondamentale et parfois on oublie trop, les besoins fondamentaux comme le  sommeil ou peut être une mauvaise alimentation ou autre peuvent complètement vous faire prendre une décision. Comment dire, faussée de même que quand notre corps est fatigué?

On va avoir plus d’accidents. De même, quand notre cerveau est fatigué, on va prendre de bonnes décisions. Donc, il faut avoir pareil, l’intelligence émotionnelle, pour se dire. Actuellement, je me sens fatigué, donc je vais me donner une nuit de sommeil avant de décider. J’aurai les idées plus claires. Le lendemain matin. Ou alors faire une petite pause, aller se relaxer, marcher. S’exposer à la  nature faire une séance de cohérence cardiaque, de respiration ou une petite pause, voire même une petite sieste, quelquefois c’est comme ça.

Je suis adepte de la sieste et si on est en manque de sommeil,, il faut se donner cette.

Voilà, c’est une respiration avant de prendre la décision. Et puis, il y a aussi un autre élément qui est important. Aussi, quand on a du mal à décider, c’est tester son choix.

Il faut associer la fameuse projection , il faut se mettre dans la peau de quelqu’un qui a fait le choix un le choix 1 et pendant des heures, voire même plusieurs journées.

Et comme ça, on va bien appréhender la situation et ensuite on va se mettre dans le choix numéro 2 et on va tester le choix numéro 2  de la visualisation.

Là, à l’imaginer, la visualiser.

Et donc, du coup, à ce moment là, c’est le moment de sentir, de sonder son corps. Se dire , dans cette situation là, qu’est ce que je ressens, les deux? On va utiliser son intuition et son analyse. Qu’est ce que je ressens? Quels sont mes besoins? Qu’est ce que je ressens vraiment? Et puis son analyse aussi. On va se dire Bah voilà, si je suis dans telle situation, comment les choses vont se passer?

parce que finalement, c’est ça la définition d’une d’une bonne décision. On aurait pu commencer par là. Qu’est ce que c’est qu’une bonne décision? C’est la décision dans laquelle on se sent bien aligné avec soi dans lequel on n’a pas de conflit intérieur, bien aligné avec ses besoins.

Mais l’incertitude vient tout compliquer, c’est à dire que , si on a les éléments, tous les éléments sous les yeux, c’est facile de prendre la bonne décision. Il suffit d’écouter son corps et puis d’y aller.

Par contre, quand, quand on n’a pas tous les éléments c’est là où il va falloir un petit peut être plus fin, c’est à dire rechercher de l’information et des avis de personnes qui sont compétentes sur cette situation là, de l’analyser éventuellement la situation, de chercher de l’information.

Ou alors, au contraire, d’essayer d’y aller en fonction de son intuition, de choisir son intuition. Enfin, toujours en fonction de sa personnalité, ses émotions du moment. Et c’est là que c’est là qu’il va falloir jouer un petit peu finement l’un ou l’autre, parce qu’il est normal. Et c’est vraiment l’intelligence émotionnelle. C’est dire. Ben voilà, je bascule.

Tel moment je suis un exercice en fait un peu d’équilibriste exactement. C’est vraiment un exercice de funambulisme. On va basculer un moment donné. On va, on va laisser son avis sans ses émotions, ses intuitions pour ressentir ses besoins internes. Et puis à d’autres moments, on va se dire oui, mais en même contrôler, ça par un minimum de réflexion si on ne veut pas faire une erreur ou se soumettre un biais cognitifs, par exemple.

Alors du coup, on a pris la décision. Maintenant, le danger, c’est de revenir dessus. Tu parles dans le livre et dans ta conférence. Bien d’avoir à assumer. Et qu’est ce qu’on fait justement à assumer ses émotions pour alléger une situation complexe?

On ne parle pas d’une décision toute simple, bien sûr. À partir du moment où on est dans une situation complexe à partir du moment où il y a des incertitudes. Il y aura toujours des avantages et des inconvénients dans chacun de nos choix. Donc, à partir du moment où on aura fait un choix,  le biais de négativité va faire qu’on va voir les inconvénients de notre choix. Et parfois, on va se mettre à regretter notre choix alors qu’une fois, une fois que le choix est fait, et bien il faut l’assumer.

Et de toute façon, il n’y a pas de choix idéal. Donc forcément, dans une situation complexe, il y aura des mauvais côtés, mais il est plus temps. Une fois qu’on a pris la décision, il n’est plus temps de s’arrêter sur le passé. Il va falloir construire, être créatif et construire l’avenir.

Et donc, une fois qu’on a pris cette décision, il faut aller de l’avant et assumer ce choix.

S’engager, en fait, c’est une forme d’engagement complètement dans son choix et ne pas revenir sur la décision ou ne pas regretter, ne pas analyser ce que j’aurais mieux fait de prendre la décision alternative et en même temps, c’est une violence.

D’ailleurs, tu le dis dans la définition de la décision.

Parce que l’on fait un choix, justement. Donc donc, émotionnellement, s’engager, dire ne pas revenir sur ces choix, c’est ça accélère davantage. Cette violence, c’est la privation quand le biais de négativité revient à la surface.

Donc là, il faut accepter son émotion négative. Et puis s’engager dans l’action, puisque c’est le seul moyen, d’une part, de mettre ses émotions négatives à distance, les émotions désagréables et en même temps, c’est la seule façon d’être constructif et d’être efficace et de s’engager dans l’action. Ce n’est pas, ce n’est pas d’analyser le passé. En fait, c’est la plus petite action. que l’on peut mettre en place, est il vraiment l’antidote? De la peur et du billet de négativité.

Une fois qu’une fois qu’on a pris sa décision, il va falloir s’engager dans l’action et ne pas ne pas trop analyser les choix.

 l’action. Est ce que l’action, finalement, pour conclure finalement,  va dans le billet de confirmation? Quelque part,  nous permet de confirmer notre décision parce qu’avec le biais de confirmation, se dit Ah ben oui, j’ai bien fait, j’ai bien.

Je ne parlerais pas de biais de confirmation parce que là, on est dans une action qui est constructive. le biais de confirmation, ça va être quand on va.

On va s’enfermer dans une décision parce qu’on .

On va rechercher un certain nombre d’informations et on a la bonne décision. Alors que là, au contraire, on est. On n’est pas dans un biais cognitifs, on est plutôt dans l’action.  On va se dire puisque j’ai fait ce choix. Bien maintenant, je vais essayer de le développer au maximum et c’est comme ça qu’on va quand même mettre à distance nos pensées négatives et en même temps, va être plus créatif parce que là, on est disponible pour le futur.

Très bien,  Bernard, merci beaucoup. Personnellement, la technique que j’utilise pour prendre mes décisions et pour m’engager dans l’action. C’est tout bête, c’est la marche. Je trouve que c’est une technique incroyable parce qu’on est dans l’action et on prend du recul. Et moi, ça m’a servi dans ma vie personnelle et professionnelle à multiples reprises.

Les philosophes, c’est ça. Autour d’Aristote, c’est ça.

Je ne veux pas utiliser le mot parce que je ne suis pas là, mais tout le monde a compris. Alors je rappelle ton livre que tu es co-auteur avec Emmanuelle Joseph-Dailly.

Les talents cachés de votre cerveau au travail nous avons abordé q’un seul chapitre là. Dans la vidéo précédente, sur l’entraide nous avons abordé un autre chapitre. Là, nous avons abordé le chapitre de la décision. Donc vraiment, c’est  un livre extrêmement riche et je mets le lien dans la description. pour que vous acquériez le livre le plus vite possible? C’est vraiment livre de chevet pour s’engager et travailler au mieux et prendre les bonnes décisions entre autres. Dans cette crise économique, justement, et pour toutes les années à venir.

Bernard merci infiniment. C’était. Comme toujours, des pépites qui nous aident tous. Moi, à force de t’interviewé, je fais un pas de géant également dans mon évolution. Tu sais, on en a parlé. Donc merci beaucoup, Bernard. Et puis, on se retrouve dans une prochaine interview, justement si Emmanuelle Joseph-Dailly est disponible à la rentrée, éventuellement sur une interview sur l’intelligence relationnelle. Merci Marie, c’est vraiment un plaisir de partager ses connaissances avec toujours en arrière plan, l’idée que ça soit utile à un maximum de gens et que ça fasse non seulement réfléchir, mais aussi agir.

Absolument, absolument.

Merci beaucoup, Bernard, et donc à très vite pour une prochaine chronique et une prochaine interview à très bientôt.